ABARTH 1000 SP Le Mans 1969

 

in 1970 the car is own by Jean-Marie Lemerle , he lives today in Paris and explain that he brake the front and change it for a normale one with no light , after the car still in France and we have all the owners . today the car is in good using order but not in racing order

Mes ABARTH de competitions : la 1000 Bi-albero et la 1000 SP
par Jean-Marie LEMERLE

 

"Ma passion pour les ABARTH a commencé, outre une « 595 esse-esse », avec une berlinette « 1000 Bi-albero », exposée dans la vitrine du magasin de la figure du monde automobile qu’était à l’époque, le fameux « monsieur Molloff », à l’angle des boulevards Pershing et Gouvion St Cyr, qui régnait en maître sur les ABARTH de course à cette époque. Cette voiture avait appartenu à Mazzanti pour faire des courses de cotes.

 

"Bien sûr, cette voiture vendue comme en parfait état et remise à neuf par le fameux Molloff, voyait son moteur partir en fumée au bout de trois tours sur le grand circuit routier de Montlhéry ! Après de nombreuses et animées discussions avec le vendeur, elle fut remise en état et je me suis enfin trouver possesseur d’une superbe auto de compétition prête à rouler.

"J’ai participé a quelques courses de cotes et je me suis persuadé que, si pour moi elle était la plus belle voiture du monde, qu’elle devait manquer de puissance car j’étais régulièrement derrière les berlinettes Alpines que je côtoyais en course. Jamais, bien sur, le pilote ne fut mis en cause dans ce diagnostic !!

"J’ai donc décidé de passer à mieux et cela ne pouvait être qu’une ABARTH plus puissante : il fallait donc regarder du coté des prototypes, car cela faisait vraiment voiture de course.

"Le hasard m’avait fait découvrir la barquette « 1000 SP » lors d’une épreuve à Montlhéry en tant que spectateur, vraisemblablement les Coupes du Salon, je ne me souviens plus très bien, où cette voiture m’avait fait une très grosse impression par sa performance et sa petite taille. J’avais découpé sa photo sur un magazine relatant cette course. Après avoir cherché vainement comment me renseigner sur ce type de voiture, j’ai envoyé la photo avec un courrier circonstancié à Enzo Osella qui avait repris l’ensemble du matériel de course d’ABARTH après la mort de Carlo Abarth.

"Quel ne fut pas mon bonheur en recevant une réponse d’Osella me précisant que la voiture de la photo était chez lui, en pleine reconstruction, et surtout à vendre. J’étais fait comme un rat !! Après avoir vendu rapidement la Bi-albero à Jacques Simonet, propriétaire de la boutique de maquettes auto Manou Auto Sport au Mans, je me suis précipité à Turin rencontrer Enzo Osella.

"Là, le miracle ! Des protos partout, dans tous les recoins de « l’officine Osella » digne de la grande époque des garages d’Asnières et Levallois, des châssis en cours de remontage, des montagnes de carrosserie, de pièces, de jantes et de pneus Racing,..
Le bonheur pour le jeune passionné que j’étais.

"D’une très grande gentillesse, Enzo Osella me montre tout pour me convaincre, mais ce n’était plus la peine car comme j’étais déjà convaincu avant, alors maintenant …

"Il me fait voir l’engin de mes rêves entièrement démonté, chaque élément étant en train d’être vérifié, sablé et repeint. Afin d’emporter ma décision (déjà prise !), il m’emmène dans une autre pièce où une 1000 SP est prête à être livrée : elle est magnifique ! Il me demande la couleur de mon sponsor en vue de peindre la voiture : n’ayant aucun sponsor si ce n’est mon carnet de chèque personnel, je lui dit que je préférais le rouge Ferrari, ce qu’il accepta néanmoins.

"Ma tension cardiaque avait atteint un niveau critique, digne d’une intervention médicale et Enzo Osella a du s’en apercevoir car il a « légèrement » augmenté le budget initialement fixé et que j’avais par ailleurs décidé fermement de faire baisser. Comment lui refuser cette « légère » augmentation justifiée je ne sais plus par quoi, il était d’une telle gentillesse !

"La date de livraison est arrêtée et celle-ci se fera dans le parking de l’aéroport de Lyon vers 9 heures du soir contre le paiement du solde de la voiture. Impatient de posséder cette merveille, je suis présent au moins 2 heures avant avec ma remorque. Une attente qui n’en finit plus et, après un contrôle de la police qui trouvait bizarre ma présence dans ce parking avec une remorque prête à charger une voiture alors qu’il n’y avait plus d’avion au départ ou à l’arrivée, un camion benne d’allure banale arrive enfin. Le chauffeur m’identifie rapidement et cherche un endroit pour décharger le monstre car il avait oublié les rampes à l’officine ! La 1000 SP enfin sur ma remorque et bâchée, je remonte sur Paris, fier comme peux l’être le propriétaire de « la » voiture de course. Il faut dire qu’elle était superbe et qu’Enzo Osella avait fait un travail magnifique.

"Impatient de rouler avec, je vais dès le week end suivant sur la piste de kart de Thiverval aux environs de Paris car j’avais encore en mémoire mon expérience malheureuse de Montlhéry avec la Bi-albero pour ses premiers essais. Une piste de kart n’est pas faite pour les voitures même si celle-ci est grande comme celle de Thiverval et rapidement je sors de la piste sans dommage mais impressionné par la 1000 SP : tout va plus vite, a moins que cela ne soit la piste qui était trop petite!

"J’ai participé avec bonheur à de nombreuses course de cotes avec cette voiture dont la légèreté et la facilité de placement dans les virages m’ont permis de réaliser de bonnes performances à mon niveau et surtout, de progresser dans cette discipline. A chaque pesage la voiture faisait sensation et beaucoup envieux.

"Je n’ai eu aucun soucis mécanique à déplorer contrairement à ce qui se disait sur la manque de fiabilité des ABARTH.

 

"Par contre, j’ai été obligé durant la saison, de modifier l’arceau de sécurité en le remplaçant purement et simplement par un autre, de fabrication maison, répondant aux nouvelles normes de sécurité. Il faut dire que celui d’origine était très fin, en deux parties, l’une intégrée au châssis, et l’autre, qui dépassait de la carrosserie, se composait d’un très léger tube qui servait également à maintenir le bloc central de la carrosserie. Cela est bien visible sur les photos.

"Mais, à mon sens, les courses de côtes ont un gros défaut : il faut attendre longtemps avant de pouvoir faire chaque montée que ce soit pour les essais ou la course et la durée de chaque montée est courte : c’est frustrant et ne permet pas d’assouvir sa passion comme on le souhaiterait.

"J’ai donc décidé de participer à une épreuve en circuit et j’ai choisi Montlhéry que je connaissais parfaitement en tant que spectateur. Je ne me souviens plus du nom de l’épreuve : AGACI, ACIF, … ? Mais j’y ai pris un plaisir énorme car rouler sur l’anneau de vitesse était impressionnant pour la première fois, et puis faire les essais et la course, cela représentait enfin des kilomètres pour assouvir ma passion. De plus, ce premier contact s’est fort bien passé : après des essais moyens par manque d’expérience pour ne rien dire de plus, j’ai remonté en course un nombre important de voiture pour terminer à une très bonne place. J’ai été aussi chaudement félicité par l’organisateur qui croyait que ma voiture était une 2 litres !! J’étais une vedette et bien décidé à revenir sur les circuits !

"Il me restait néanmoins quelques course de cotes qui étaient programmées avant de revenir à Montlhéry. Ce fut fatal pour la voiture : à la course de cote de Soissons, j’avais fait un bon temps aux essais, ce qui me donnais une bonne position au général bien que non satisfait de mon passage dans une grande courbe sur la fin que je pensais pouvoir passer sans lever le pied. C’était une erreur car je sortais durement en course dans cette courbe, entamée sans lever le pied. Des morceaux de carrosserie et capot avant jonchaient la piste sur environ 300 mètres : je venais de me faire ma première belle frayeur en course.

"Passé le premier moment d’émotion, l’analyse de la voiture montrait que celle-ci ne souffrait que de sa carrosserie et du radiateur d’huile situé dans le capot avant. Spectaculaire mais pas trop grave. J’ai fait un aller retour à Turin pour rapporter un capot avant et un nouveau radiateur d’huile ainsi que quelques accessoires. Malheureusement, le nouveau capot avant n’avait pas le logement des phares et la voiture me parut beaucoup moins belle qu’avant. De toutes les façons, j’étais décidé de monter dans une catégorie supérieure : le 2litres. Je n’ai pas réussi à convaincre Osella d’accepter mon budget pourtant conséquent, et ma future voiture ne sera plus une ABARTH malgré les pressions amicales de Michel Pont et Pierre Maublanc.

"J’ai remis en état la 1000 SP pour la vendre à M. Pautonnier, dans la région d’Essay, en Normandie, où l’on pratiquait déjà des compétitions d’auto cross, par l’intermédiaire d’un spécialiste des Porsche, M. Leroy qui était de cette région. Ce fut une triste histoire, car je n’ai jamais été payé totalement du prix convenu de la vente et la reconnaissance de dette écrite de la main même de l’acheteur, devant M. Leroy comme témoin, a été déclaré comme un faux par l’expert graphologue mandaté par le tribunal que j’avais saisi ! Les témoins, tous amis et normands, n’ont jamais voulu témoigner ! C’était l’époque !!

"Cette voiture est apparue furtivement il y a des années dans un salon de voiture de course ou autre, qui se tenait au Bourget et le nouveau propriétaire était M. Veber (ou Weber) qui faisait partie du club des Fiat 500.

"Elle vient de réapparaître enfin dans le dernier salon Rétromobile de 2007 où je l’ai retrouvé en bien mauvais état, après avoir vu sa photo dans un article consacré à Christophe Fund dans la revue Automobiles Classique de février/mars 2007. Je l’ai reconnue tout de suite sur la photo car elle avait des spécificités qui lui étaient propres, dont les prises d’air, le rétroviseur et son support, le pare-brise ainsi que le capot arrière qui avait été allégé par Osella lorsqu’il m’a livré la voiture, notamment pour copier les Ferrari de l’époque.

 

C’est avec plaisir que je me suis présenté à Christophe Fund pour lui raconter les circonstances d’achat de cette 1000 SP et essayer de lui faire partager le plaisir qu’elle m’avait procurée, sa vente exceptée. Il a été très intéressé par cette histoire qui lui permet de finaliser l’historique de cette merveilleuse voiture de course.


Photos (ABARTH 1000SP Le Mans 1969)






 


Page précédente : Portfolio
Page suivante : ABARTH Formula Fiat 1979